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JEROME SABOURIN

« J’ai étudié aux Beaux-Arts. Je me suis cru peintre. J’ai pensé devenir sculpteur aussi. Au collège, puis à l’université, j’ai touché, j’ai essayé, mais je ne me suis jamais commis. J’ai finalement choisi le format artistique le moins matériel, le plus improbable, celui qui regroupe tous les arts. Ce médium qui ne s’arrête jamais. Cet art qui se remet en question constamment.

Depuis 25 ans, je filme des gens qui se déplacent. Sur les plateaux de tournage, je dirige la lumière et je cadre les actions et leurs personnages. L’art du directeur-photo s’exprime par sa transparence, le spectateur doit ressentir la lumière, l’action doit vivre dans le cadre. Mais ceux-ci resteront dans l’ombre de l’action. Je travaille d’abord pour l’ensemble de l’œuvre. Le but d’un directeur de la photographie est d’aider l’histoire à se faire croire. Celle-ci nous fera peut-être rêver. Bref, mon métier ainsi que celui des artisans sur le plateau de tournage aident le lourd procédé cinématographique à perdre sa mécanique. Le film doit donner cette impression de fluidité, il doit exister et nous raconter une courte histoire. Donc tout pour cacher un très long et dispendieux processus qui nuirait au rêve que le médium propose. Ainsi, ce métier que j’exerce n’apparaît pas.

Il y a cinq ans, je me suis mis à dessiner. J’ai eu envie d’illustrer les courbes d’Angélique. Et pour moi et le dessin l’histoire a commencé à cet instant, d’un désir tout simplement. Dès lors, je me suis mis à dessiner tout le temps, sur les heures de lunch en tournage, ou en arrivant chez moi… Au début, mes dessins étaient tout noir. Je remplissais la feuille complètement, sans laisser la moindre chance à une forme d’y émerger. Je remplissais systématiquement. Parfois, une forme se dégageait, puis elle se faisait ensevelir de traits. De l’ombre, des membres apparaissaient, puis y retournait. Je le voyais un instant, insistait, puis il se cachait. Il m’arrivait de voir un corps en mouvement. J’y ai mis beaucoup de temps avant de saisir cet instant où je devais stopper. Le dessin supporte mal le trop plein. J’ai donc appris à m’arrêter, à interrompre le mouvement, et donc à saisir cette forme qui se dessine et ce trait qui délimite et découpe l’espace.

Le dessin est pour les arts visuels ce que la flute est pour la musique, sa plus simple expression, son instrument le plus préhistorique.
Souvent le dessin n’est considéré que comme une esquisse, comme une préparation, un plan. Les peintres dessinent parfois sur leur toile avant de les recouvrir d’huile. Rarement on a vu le dessin comme une œuvre. Il est le pauvre, au service du grand art et de la noble toile peinte. Bref le dessin n’existe que pour servir.

Pourtant, je crois qu’il bouleverse aussi. Singulier, il commande à chaque trait l’harmonie et à chaque forme la cohérence. Et cela même dans une abstraction complète.

Lorsque l’encre de chine touche le papier, elle ne s’en séparera jamais. L’indélébile marque de l’encre sur le papier fait de chaque trait une arme contre l’harmonie. Un geste de trop et ce qui aurait pu devenir, disparaît. Souvent, très souvent le dessin commence dans l’extase et termine dans le foyer. »

 

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LOUIS BOUDREAULT

Louis Boudreault est né le 24 Septembre 1956 à Havre-Aubert, Iles de la Madeleine. Après des études en lettres et en théâtre, il part en France, à Paris où il entre à l'école du Louvre. Il exerce ensuite le métier de conseiller en œuvres d'art pendant 6 ans et contribue à la construction d'importantes collections. En 1991, il décide de s'adonner pleinement à sa passion : peindre. En 1998, il revient au Québec et installe son atelier à Montréal.

Depuis ses œuvres on fait l’objet de plus de 45 expositions solo et ont été présentées dans une vingtaine d'expositions de groupe aux Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Récentes expositions solo


2019 _ Espace Musée Québécor, Montréal, Québec, Canada
2018 _ Galerie Alexandre Motulsky-Falardeau, Québec, Canada
2017 _ Cedart Gallery, Genève, Suisse
2016 _ Tornabuoni arte, Florence, Italie
2016 _ Galerie Alexandre Motulsky-Falardeau, Québec, Canada
2015 _ Espace Musée Québécor, Montréal, Québec, Canada
2014 _ Thompson Landry Gallery, Toronto, Canada
2014 _ Espace Musée Québécor, Montréal, Québec, Canada
2013 _ Albemarle, Londres, Angleterre
2013 _ Espace Musée Québécor, Montréal, Québec, Canada
2012 _ Han Art Gallery, Westmount, Québec, Canada
2011 _ Galerie Tornabuoni, Paris, France
2011 _ Art Beatus, Hong Kong

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EWA ZEBROWSKI

Le travail d'Ewa Monika Zebrowski aborde les thèmes du déplacement, de la mémoire, du temps et du lieu, des traces que nous laissons derrière nous. L'artiste crée des récits visuels souvent inspirés par la littérature, collaborant parfois avec des écrivains et des poètes.

Ewa Zebrowski est né à Londres, en Angleterre, fille d'immigrés polonais. Elle a travaillé dans l'industrie du film pendant 17 ans avant de retourner aux études pour obtenir un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia et une maîtrise en arts visuels de l'UQAM.

Depuis 1997, Ewa Zebrowski a présenté 28 expositions personnelles, produit 17 livres d’artistes et remporté de nombreux prix.

Ses photographies et ses livres d'artiste font partie de nombreuses collections publiques et privées au Canada, aux États-Unis et à l'étranger, notamment l'American Academy of Rome, l'Art Gallery of Ontario, l'Art Institute of Chicago, le Musée national de la femme dans l'art, la Bibliothèque Nationale du Québec, la Bibliothèque Nationale de France, la Conférence des Écrivains Pain du Pain, le Centre Canadien d'Architecture, le Centre des Arts du Livre, le Cirque du Soleil, la Collection Loto-Québec, les Associés Duncan Ross, l'École Supérieure de la Photographie d'Arles, le Musée Farnsworth, le Centre Hellénique de la Photographie, le Collectif Kalopsia, le Musée d'Art Contemporain de Montréal, la Collection Menil, le Musée des Beaux-Arts de Houston, le Musée d'Art Moderne (MoMA) de New York, la Bibliothèque Nationale du Canada, la Saison Poetry Library London, le Tate Britain, la Bibliothèque publique de Toronto et la Ville de Montréal.

De nombreux collèges et universités collectionnent ses livres d'artiste, y compris le Bowdoin College, l'Université Brown, l'Université Columbia, le Connecticut College, l'Université Harvard, le Lafayette College, l'Université McGill, le Mills College, le Collège Middlebury, le Smith College, l'Université Stanford, le Texas Tech University, l'Université de Californie à Berkeley, l'Université de l'Iowa, l'Université de Montréal, l'Université de Pennsylvanie, l'Université de Toronto, l'Université de Tulsa, l'Université du Sud, l'Université de l'Utah, l'Université de Washington, le Wellesley College et l'Université Yale.

Ewa Monika Zebrowski vit à Montréal.